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Bertrand Cantat: "Il fait partie de notre toile de fond. Ferré, je l'ai rencontré plus tard ; Brel a toujours été là, depuis l'enfance. Après, il y a les agacements, sur sa misogynie par exemple. Mais je le prends en bloc. Il est tout entier dans chaque chanson. On le pensait intouchable. Sans ce disque, nous n'aurions jamais osé. On l'a fait sans prétention. Juste une façon de dire à quel point on a besoin de lui. " Ces gens-là " est une chanson qui m'a toujours mis par terre. Dans son dernier Olympia, Brel va très loin, très loin, au sommet... Les années passent, et il est là. En Belgique, où nous avons enregistré nos premiers disques, nous avions le sentiment étrange de sa présence... " Ne me quitte pas ", comme " Avec le temps ", de Ferré, est un morceau " porno ". Personne n'oserait plus écrire une ode aussi réaliste à la veulerie amoureuse. Toute personne qui a connu ça, qui s'est mise à genoux, y retrouve la vérité du moment. Ces chansons-là éclairent les profondeurs humaines. Celles d'aujourd'hui reflètent plutôt la peur de l'émotion... Brel, c'est la chanson parfaite, et le théâtre en plus. " Amsterdam ", cet escalier qui explose au ciel, typique de son crescendo... " L'Eclusier ", blues d'ici : l'accordéon, le texte étrange, le ressentiment, la violence... " Je suis un soir d'été ", plus serein. A l'unisson de la trêve du crépuscule, de son souffle particulier, de sa tranquillité animale... Est-ce lui qui sait transcrire la réalité, ou la réalité qui se met à lui ressembler ?"
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